Vues d’artiste (6) : Auguste Gaudry

Nous continuons notre promenade autour de l’église de Taverny avec les artistes qui s’y sont intéressés…  C’est au détour d’une petite recherche de confinement sur les archives de la BNF qu’après Julien-Michel Gué, nous faisons la connaissance d’un autre peintre du XIXème siècle !

Cette fois, c’est en Belgique que nous mènent nos pas ! Nous y faisons la connaissance d’Auguste Gaudry-Vanlul, dit plus simplement Auguste Gaudry. Auguste est né en 1781 à Tournai, l’une des plus vieilles villes de Belgique, célèbre pour son beffroi et sa magnifique cathédrale. Il y vivra toute sa vie et y mourra en 1863. Rien d’étonnant donc que son tableau le plus connu soit une représentation de la nef de la cathédrale de Tournai !

Huile sur toile marouflée « Nef centrale de la cathédrale de Tournai »
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Silence, on tourne… « Les violons du bal »

En 2016, nous vous faisions découvrir l’épisode « Le long sommeil » de « Chapeau melon et bottes de cuir » dont une partie se déroule dans le clocher de l’église de Taverny. Mais notre église a servi de lieu de tournage à d’autres reprises !

C’est le cas du long métrage « Les violons du bal », tourné en 1973 et paru sur les écrans en février 1974, où nous découvrons l’église de Taverny à travers la visite impromptue du jeune Michel, fils d’une famille juive qui fuit la guerre et les rafles.

Par un bel effet de miroir, le réalisateur, Michel Drach, mêle dans ce film tendre et bouleversant les souvenirs de sa propre enfance et le récit des déboires d’un cinéaste désargenté qui cherche à réaliser un film autobiographique. Michel Drach y joue son propre rôle d’adulte cinéaste, tandis que le jeune David Drach, le fils de Michel, y joue à la fois son propre rôle et le rôle de son père enfant. C’est aussi Marie-José Nat, l’épouse de Michel à la ville, qui joue à la fois le rôle de sa mère et de son épouse à l’écran.

Ce film, plusieurs fois nominé pour de prestigieuses récompenses, permet à Marie-José Nat de recevoir le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes de 1974. Les critiques saluent ce film sensible et bouleversant, qui sait pourtant éviter l’écueil du mélodrame, et que sublime la tendresse manifeste des acteurs les uns pour les autres.

Mais retrouvons notre église dans cette jolie scène de retrouvaille entre le jeune Michel et sa grand-mère, qui le cherche dans toute la ville…

Thérèse Leroy

Merci à notre lectrice Marie Ley qui a identifié l’église de Taverny dans ce film et nous a donné l’idée de cet article !

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Sitographie : Fiche « Les violons du bal » de Wikipedia

Le tabernacle Louis XIII

Une visite de l’église de Taverny n’est pas complète sans un arrêt dans la chapelle de l’absidiole nord, où se trouve aujourd’hui un imposant tabernacle daté du XVIIème siècle. S’il est aujourd’hui installé de façon semble-t-il pérenne, ce tabernacle a connu quelques déplacements aventureux dans notre église puis une mise à l’écart de plusieurs années et a même failli être transformé en bois de chauffage ! Mais revenons au début de cette épopée. Au XVIIème siècle, donc, il est décidé d’installer un nouveau tabernacle pour conserver les hosties consacrées sur le maître-autel. Le projet adopté est un petit monument de style Louis XIII, à la mode à l’époque, qui se caractérise notamment par un aspect massif et des colonnettes torses.

Ce choix malheureux eut de lourdes conséquences pour le beau retable Renaissance dont s’enorgueillissait l’église ! En effet, comme le voulait la liturgie, le tabernacle devait être placé dans le chœur, déjà occupé en partie par l’imposant retable. Mais hélas, le tabernacle une fois en place s’avançait trop sur l’autel qui le soutenait ! Il fut alors décidé de supprimer les deux colonnettes du milieu du retable supportant la corniche de l’entablement qui gênait l’installation du tabernacle, et de racler les peintures à fresque décorant le centre du retable. On put alors installer le tabernacle devant le retable amputé…

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Le vitrail de la Résurrection

L’an dernier, nous vous présentions le vitrail évoquant la Résurrection du Christ à Pâques. Faisons aujourd’hui un petit zoom sur le beau visage de Jésus dans ce vitrail !

Le visage est peint suivant une technique médiévale appelée autrefois « peinture noire » et qu’on appelle aujourd’hui « grisaille ». Il s’agit d’une peinture constituée d’un mélange d’oxyde métallique et de poudre de verre, que l’on dilue dans de l’eau, du vinaigre ou encore de l’essence de térébenthine. La grisaille permet de dessiner des traits, des ombres, de souligner des drapés de vêtements, etc… La pièce de verre est ensuite cuite dans un four à 600° pour fixer la peinture. Le détail présenté ici en est un très bel exemplaire !

Saint-Barthélémy, « making-off » !

Vous avez apprécié la deuxième partie de notre article sur Saint-Barthélémy, et les belles photos des panneaux qui l’accompagnaient ?

Voici pour vous les coulisses de notre séance de prise de vue, avec Yves et Clémence aux manettes dans la splendide église de Taverny !

Mais la prise de vue, ce n’est pas tout, ensuite, on passe aux retouches et au recadrage, et ce n’est pas une mince affaire lorsqu’il s’agit de redresser les photos des panneaux les plus éloignés, qu’il est impossible de photographier de face à cause des piliers ! Un petit exemple avant/après… 🙂

Saint-Barthélémy (2)

Orgue de ND de Taverny – ACNDT 2020

Dans notre article du 22 novembre 2020, nous avons fait connaissance avec saint Barthélémy et la variété des traditions qui le concerne. C’est l’une de ces traditions, reprise par Jacques de Voragine dans la Légende dorée, qui est racontée par les panneaux de la tribune d’orgue de l’église de Notre-Dame de Taverny.

Le jubé de Notre dame de l’Assomption de Taverny

Les panneaux de la tribune d’orgue proviennent de l’ancien jubé de Notre-Dame de Taverny. Les jubés étaient des clôtures monumentales qui séparaient le chœur de la nef. Leur partie supérieure était accessible par un escalier. Du haut de cette clôture, un lecteur lisait l’Évangile du jour, mais avant de monter, il sollicitait la bénédiction du célébrant par ces mots : « jube domine benicere » (Père, bénissez-moi). Le premier mot de cette demande a fini par désigner cette clôture. Après le concile de Trente (1543-1563) (1), la plupart des jubés ont été démontés et parfois détruits.

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Vues d’artiste (5) : Yvonne Jean-Haffen

Auto-portrait, 1932

C’est en parcourant les archives en ligne du Ministère de la Culture que nous faisons la connaissance d’une autre artiste ayant représenté notre belle église de Taverny. L’histoire commence le 27 octobre 1895 lorsque naît à Paris la petite Yvonne Jean-Haffen. Très vite, Yvonne manifeste un goût prononcé pour la peinture, et à 30 ans, elle est déjà une artiste reconnue qui expose dans des salons prestigieux, comme le Salon des artistes français de 1924 et 1925. Son succès ne se démentira pas, puisqu’en 1980, à presque 90 ans, elle expose toujours.

Après sa mort à Dinan en 1993, son œuvre continue à faire l’objet de rétrospectives régulières, tandis que les amateurs d’art s’arrachent ses créations dans les ventes aux enchères.

En 1925, sa rencontre avec le peintre breton Mathurin Méheut va donner une nouvelle orientation à sa vie : séduite par la Bretagne que lui fait découvrir Mathurin, Yvonne achète en 1937 la propriété de « la grande vigne » à Dinan, où elle vient régulièrement avec son mari se reposer et chercher l’inspiration. En 1940, elle fuit une atmosphère parisienne devenue lourde sous l’occupation allemande et s’installe dans sa maison, où elle accueille son cher ami Mathurin, bien sûr, mais aussi nombre d’autres artistes et écrivains. Elle s’y installera définitivement dans les années 60. De nombreuses années durant, elle dessinera et peindra la Bretagne et ses traditions : ses fontaines, ses pêcheurs, ses falaises ou encore ses villages et ses pardons.

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Ernest Gaillard, orfèvre amoureux d’une église

Si vous suivez nos articles, vous avez remarqué qu’un nom revient fréquemment dans nos bibliographies : celui d’Ernest Gaillard, auteur d’une monographie d’une exceptionnelle qualité sur l’église de Taverny. Cette monographie malheureusement inachevée fut publiée sous forme d’épisodes dans les bulletins paroissiaux de Taverny de 1906 à 1909, puis reprise dans les bulletins de 1933 à 1937, patiemment numérisés par l’Association Généalogique de Taverny.

Mais qui est donc ce mystérieux Ernest, dont le nom n’apparaît que très discrètement au détour de l’un des épisodes de cette monographie ? Nous trouvons une piste sur le site du musée d’Orsay : il existe un joaillier du nom d’Ernest Auguste Gaillard, né en 1836. Cet indice est suffisant pour nous lancer sur ses traces et retrouver son histoire ! Du musée d’Orsay au Musée des Arts décoratifs, en passant par les archives de la Bibliothèque Nationale de France, nous déroulons peu à peu le fil…

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